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EN BREF
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Life Carbon Farming est un projet novateur, démarré en 2021, qui vise à réduire de 15 % l’empreinte carbone de l’agriculture sur une période de cinq ans. Piloté par l’Institut de l’élevage et impliquant près de 400 fermes bovines en France, ce projet se déroule dans six pays européens et est déployé sur 700 fermes de polyculture-élevage.
Le projet instaure un système de rémunération basé sur les émissions de CO2 évitées. Après une première année de diagnostic, un plan carbone est établi pour identifier des leviers d’atténuation. À mi-parcours, un suivi permet d’évaluer les progrès, et un bilan final, prévu en 2027, calculera les gains de 900 t éq CO2. Les actions variées, adaptées aux contextes locaux, montrent une forte variabilité des résultats économiques parmi les éleveurs, avec un gain médian de + 18 €/t de CO2 eq évitée.
Le projet Life Carbon Farming, lancé en 2021 et piloté en France par l’Institut de l’élevage, se présente comme une initiative audacieuse visant à transformer les pratiques agricoles afin de réduire de 15 % l’empreinte carbone des fermes bovines au cours des cinq prochaines années. Avec la participation de près de 400 fermes en France, ce programme ambitieux s’inscrit dans une dynamique européenne en mettant en œuvre un système de rémunération basé sur les résultats (émissions de CO2 évitées). Cet article s’attachera à explorer les différentes dimensions de cette initiative révolutionnaire, notamment ses enjeux, ses méthodologies, et son impact environnemental et économique.
Genèse du projet Life Carbon Farming
Le projet Life Carbon Farming a vu le jour dans le cadre du programme européen LIFE, qui met en avant des projets ayant un impact environnemental positif. Avec un déploiement dans six pays européens, il englobe 700 fermes de polyculture-élevage, dont environ 400 en France. L’objectif principal est de créer un cadre où les agriculteurs sont récompensés pour leurs efforts de réduction des émissions de CO2. Ce système innovant de rémunération repose sur des diagnostics et des plans d’action personnalisés, adaptés à chaque exploitation.
Les leviers d’action : une approche personnalisée
Dans le cadre du projet, environ 40 leviers d’actions ont été identifiés pour aider les agriculteurs à atténuer leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces leviers peuvent être très variés et dépendent souvent des spécificités de chaque ferme. Par exemple, en Italie, l’accent est mis sur l’amélioration des bâtiments pour le bien-être animal, afin d’éviter le stress thermique, tandis qu’en France, des efforts sont principalement dirigés vers l’optimisation de l’âge au vêlage pour les vaches laitières et la gestion de l’intervalle vêlage-vêlage pour les bovins de boucherie.
Un processus structuré : de l’évaluation à la mise en œuvre
Le projet commence par un diagnostic Cap’2ER, de niveau 2, qui est réalisé durant la première année d’engagement. Ce diagnostic permet d’évaluer les pratiques actuelles de chaque exploitation et de définir un plan carbone détaillant les leviers d’atténuation à mettre en œuvre. Le suivi est effectué à mi-parcours, c’est-à-dire en année 3, avec une nouvelle évaluation destinée à ajuster les mesures prises. Enfin, un bilan final est établi à la fin de la 6ème année, permettant de quantifier les gains en termes de capture de carbone et de calculer les crédits carbone qui peuvent être commercialisés.
Les résultats : des objectifs ambitieux
Sur une période de cinq ans, le projet vise un gain total de 900 t éq CO2 par élevage engagé. En moyenne, les projections des plans réalisés par les agriculteurs participants s’élèvent à 663 t éq CO2 pour la France, ce qui reste inférieur aux chiffres observés en Belgique (891 t éq CO2) mais supérieur à ceux d’Allemagne (158 t éq CO2). Ces résultats soulignent une variabilité importante, tant entre les pays qu’au sein d’un même pays, ce qui témoigne des différents contextes agronomiques et économiques rencontrés.
Impact économique : vers une rentabilité durable
La mise en place des leviers d’actions peut conduire à des besoins d’investissement pour certains éleveurs. Cependant, pour d’autres, ces actions peuvent générer des gains sans investissements préalables. En France, les résultats montrent une médiane de + 18 €/t de CO2 eq évitée, ce qui suggère que l’engagement envers le projet peut être économiquement viable, malgré une variabilité forte selon les exploitations.
Le rôle des agriculteurs : acteurs de la transition écologique
Les agriculteurs, en s’engageant dans ce projet, deviennent des acteurs clés de la transition écologique. Leur participation permet non seulement de contribuer à la préservation de l’environnement, mais aussi d’améliorer leur viabilité économique. En attendant la conclusion officielle du projet en 2027, il est essentiel de reconnaître l’importance de ces initiatives pour changer les mentalités et les pratiques dans le domaine agricole, souvent perçu comme polluant.
Initiatives connexes et complémentarité
Le projet Life Carbon Farming s’inscrit dans un cadre plus large d’initiatives en faveur de l’agriculture durable et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les résultats obtenus peuvent influer sur d’autres projets similaires et sensibiliser de nombreux agriculteurs au potentiel de la capture de carbone dans leur pratique quotidienne. Il est également possible de découvrir des exemples concrets d’agriculteurs ayant intégré ces pratiques, telles que cette ferme d’Ille-et-Vilaine qui allie production de viande et réduction de son empreinte carbone en ouvrant ses portes. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le lien suivant : Cliquez ici.
Perspectives d’avenir : vers une agriculture régénératrice
Avec la montée des préoccupations environnementales, le projet Life Carbon Farming pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives à travers l’Europe et au-delà. L’avenir de l’agriculture durable repose sur l’innovation et la collaboration entre agriculteurs, chercheurs et institutions. Les expériences tirées de ce projet pourraient également inspirer des législations favorisant des pratiques agricoles soutenables et respectueuses de l’environnement.
En somme, le projet Life Carbon Farming représente une innovation majeure dans le domaine de l’agriculture durable, ciblant non seulement la réduction des émissions de carbone, mais aussi la rentabilité des exploitations agricoles. Les résultats préliminaires montrent un potentiel significatif pour transformer les pratiques en faveur d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

« Participer au projet Life Carbon Farming a été une expérience révélatrice pour moi. J’ai été surpris par l’impact que nous pouvons avoir sur notre empreinte carbone. Grâce aux recommandations du diagnostic Cap’2ER, j’ai pu identifier des leviers d’atténuation qui, non seulement, réduisent les émissions, mais améliorent également le bien-être de mes animaux. »
« En tant qu’éleveur, j’ai toujours voulu agir pour l’environnement, mais je ne savais pas par où commencer. Le système de rémunération basé sur les résultats a effacé mes doutes. Savoir que nous pouvons être récompensés pour les émissions de CO2 évitées me motive vraiment à mettre en œuvre les évolutions nécessaires dans ma ferme. »
« Ce que j’apprécie le plus dans le projet, c’est la collaboration qu’il engendre entre les éleveurs. Nous échangeons nos bonnes pratiques et apprenons les uns des autres. Par exemple, certains collègues en Italie se concentrent sur l’amélioration des bâtiments pour réduire le stress thermique des animaux, ce qui m’inspire à faire de même ici en France. »
« Lors du suivi de mi-parcours en année 3, j’ai constaté une nette amélioration dans mes indicateurs de performance. Obtenir un gain de 900 t éq CO2 sur cinq ans me semble atteignable, et cela nous place en avance par rapport à d’autres pays européens. Il est rassurant de voir qu’en unissant nos efforts, nous pouvons vraiment faire la différence. »
« Le projet Life Carbon Farming encourage également des discussions cruciales sur nos pratiques agricoles. Chaque diagnostic et chaque bilan nous pousse à repenser notre approche. J’étais sceptique au début, mais maintenant je comprends que le développement durable et la rentabilité ne sont pas mutuellement exclusifs. »
« Je dois avouer que les résultats varient d’une ferme à l’autre. Cependant, la médiane de + 18 €/t de CO2 eq évitée est un indicateur positif pour nous. Cela montre qu’il y a des bénéfices économiques à long terme, même si chaque éleveur doit adapter sa stratégie en fonction de sa réalité. »

